In the Mood for Spring

Il y a des jours (des mois) où l’on se noie dans des verres d’eau. Dans les projets, le besoin de reconnaissance, la recherche de “sa” place. “Saaaaaa” place. L’hésitation, la comparaison, la conjugaison. Les patati et les patata. Les gnagnagni et les gnagnagna.

On maugrée, on avance, on flanche, on boit la tasse, on coule, on recrache. Et puis un jour, le verre est vide. A sec. Les questions se sont taries. On a lâché l’affaire. Un pâle soleil paraît. Un quelque-chose fond. On s’est mis en jachère. Le temps est un Poucet, l’hiver a semé ses cailloux.

Une compréhension affleure. Et si nous n’étions que des éléphants roses ? “Moi, mon oeuvre, ma mission”… Illusion. “Ce que je suis, ce que je fais”… Je suis, je fais, et c’est déjà pas mal !

Bien sûr, il y a Facebook. Facebook. La vie rêvée des autres. Tout ce qu’ils font, tout ce qu’ils disent, tout ce qu’ils ont. Ca brille, ça clignote. Ca fait mal, parfois. “Et moi, je fais quoi ?” Eh ben je fais ce que je peux. Du mieux que je peux, avec ce que je suis, ici, maintenant – et encore quelque temps. Tout est tellement complexe…

Le prince charmant n’existe pas. Les princesses non plus – les crapauds, en revanche… Lâcher les chimères, sans brader les rêves. Rire du tintamarre de ses propres casseroles. Ne plus vouloir convaincre, ni même impressionner. Ne plus chercher dans les regards la validation de qui l’on est. Respirer, souffler, laisser filer. Retrouver la joie et la simplicité.

Enfiler des perles, vivre selon ses règles, gribouiller un cahier, regarder le soleil décliner. Reprendre trois fois des chips. Infimes petitesses pas très glamour et pas très chic.Accompagner son fils à la piscine. Sentir d’autres enfants se blottir contre soi. Faire du Nutella. Le rater. S’en ficher… Laissez tout refleurir.

In the mood for spring.